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Évolution des lamantins en Floride
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE—13 janvier 2025
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Des articles et émissions de presse récents ont affirmé que les lamantins ne sont pas originaires de Floride ou qu'ils ne sont arrivés sur la côte ouest de l'État que dans les années 1950. Ces affirmations, fondées sur des données anthropologiques limitées, pointent du doigt les zones où les lamantins ont été historiquement exploités par l'homme et présument que l'absence de preuves signifie leur absence dans certaines régions. Or, l'absence de preuves n'est pas une preuve d'absence : c'est comme chercher des étoiles en plein jour ; ce n'est pas parce qu'on ne les voit pas qu'elles n'existent pas. De plus, des preuves génétiques et fossiles indiquent que les lamantins sont présents en Floride depuis 12 000 ans.
La Commission de conservation de la faune et de la flore de Floride (FWC), qui gère les populations de lamantins de Floride, a créé une chronologie des lamantins mettant en évidence les dates clés et les informations importantes concernant la présence des lamantins en Floride (https://myfwc.com/education/wildlife/manatee/timeline/Des documents historiques suggèrent que des lamantins ont été observés en Floride dès les années 1500, certains détails présentés par la chronologie de la Florida Fish and Wildlife concordant avec les preuves présentées dans la publication.
Les lamantins, comme le lamantin d'Afrique et le lamantin des Antilles, continuent d'être victimes de braconnage (Marsh et al., 2022). De ce fait, ces espèces sont difficiles à observer dans leur milieu naturel et pourraient s'adapter en se nourrissant la nuit afin d'éviter les rencontres avec les humains (Rycyk et al., 2021). Ce comportement pourrait expliquer pourquoi les populations historiques de lamantins de Floride, chassées par l'homme, sont absentes des dépôts de coquillages et rarement mentionnées dans les récits historiques.
De plus, la publication n'aborde que brièvement les données paléontologiques et génétiques, qui indiquent que les lamantins sont présents en Floride depuis bien plus longtemps. Les fossiles et les données génétiques révèlent une riche histoire des lamantins en Floride. Les lamantins appartiennent à l'ordre des Siréniens, qui comprend les espèces de lamantins d'Amazonie, d'Afrique et des Antilles. Bien que des fossiles de Siréniens aient été découverts dans le monde entier, seuls la Floride et les Caraïbes possèdent des spécimens de chaque époque des 50 derniers millions d'années (Reep et Bonde, 2006). Le lamantin moderne, tel que nous le connaissons, est apparu dans les Caraïbes il y a environ 2 millions d'années (Domning, 1982).
L'évolution des lamantins durant le Pléistocène apporte des informations précieuses sur la manière dont les changements environnementaux ont façonné leur répartition et leur diversité génétique. Au cours du Pléistocène (de 2,59 millions à 11 700 ans avant notre ère), on a dénombré une vingtaine de cycles de longues périodes glaciaires (40 000 à 100 000 ans) suivies de périodes interglaciaires plus courtes, d'une durée d'environ 20 000 ans. Au début de ces périodes plus chaudes, les lamantins des Caraïbes ont migré vers le nord, portés par le réchauffement des eaux (Reep et Bonde, 2006). Les courants marins et les barrières thermiques ont isolé ces lamantins des populations du Mexique et des Caraïbes, entraînant une divergence génétique. Les données fossiles indiquent que… Trichechus manatus bakerorum Cette sous-espèce vivait en Floride et en Caroline du Nord il y a environ 125 000 ans, mais n'a pas survécu à la dernière période glaciaire, qui a débuté il y a entre 100 000 et 85 000 ans (Domning, 2005). Elle a finalement été remplacée par les lamantins de Floride actuels.
Cette théorie de l'évolution est confortée par des données génétiques. Des recherches indiquent que les lamantins de Floride descendent d'ancêtres caribéens ayant migré vers le nord au cours des 12 000 dernières années (Garcia-Rodriguez et al., 1998). Une étude de 2012 menée par Tucker et al. renforce cette théorie, en démontrant une plus grande diversité génétique chez les lamantins de la côte ouest de la Floride que chez ceux de la côte est. Au fil du temps, les populations initiales ont migré vers le nord, certains groupes se déplaçant vers le sud et l'est le long du littoral floridien avant de remonter l'Atlantique. Ce schéma migratoire a conféré à la population de la côte ouest une plus grande diversité génétique, tandis que celle de la côte est n'en a conservé qu'une plus petite partie. Ces résultats suggèrent que la population fondatrice des lamantins de Floride, arrivée il y a environ 12 000 ans, était originaire de la côte sud-ouest de la Floride, qui est devenue le centre de la population de lamantins de l'État (Reep et Bonde, 2006). Le phénomène de vicariance vient étayer cette hypothèse. L'apparition de barrières géographiques et écologiques a probablement isolé les populations de lamantins de Floride de leurs ancêtres des Caraïbes. Cet isolement a vraisemblablement limité les migrations entre les régions, favorisant ainsi l'établissement de populations locales dans le sud-ouest de la Floride.
Les lamantins sont non seulement un symbole précieux du patrimoine naturel de la Floride, mais aussi une espèce profondément liée à l'histoire et à l'évolution de la région. En résumé, malgré les récentes affirmations remettant en question leur présence dans les eaux floridiennes, de nombreuses preuves fossiles et génétiques confirment que les lamantins y vivent depuis des milliers d'années, leurs ancêtres remontant à plus de 12 000 ans. Nous partageons l'avis des auteurs de l'article publié : la protection de ces créatures emblématiques et de leurs habitats est essentielle à la préservation de l'identité écologique unique de la Floride pour les générations futures.
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Beth Brady est chargée de mission scientifique et de conservation principale au sein de l'association Save the Manatee Club, où ses travaux portent sur la biologie et la conservation des lamantins. Elle est titulaire d'un doctorat de l'Université Florida Atlantic et d'une maîtrise en sciences marines de l'Université Nova Southeastern.
Références
Domning, DP (1982). Évolution des lamantins : une histoire spéculative. Journal de paléontologie, 599-619.
Domning, DP (2005). Siréniens fossiles de la région de l'Atlantique Ouest et des Caraïbes. VII. Trichechus manatus Linnaeus, 1758 du Pléistocène. Journal de paléontologie des vertébrés, 25(3), 685-701.
Garcia-Rodriguez, AI, Bowen, BW, Domning, D., MIGNUCCI-GIANNONI, AA, Marmontel, M., Montoya-Ospina, RA, … & McGuire, PM (1998). Phylogéographie du lamantin antillais (Trichechus manatus) : combien de populations et combien de taxons ?. Écologie moléculaire, 7(9), 1137-1149.
Marsh, H. (Éd.). (2022). Éthologie et écologie comportementale des siréniennes. Cham : Springer.
Reep, RL, & Bonde, RK (2021). Le lamantin de Floride : biologie et conservation. Presses universitaires de Floride.
Rycyk, AM, Factheu, C., Ramos, EA, Brady, BA, Kikuchi, M., Nations, HF, … & Takoukam Kamla, A. (2021). Première caractérisation des vocalisations et surveillance acoustique passive du lamantin africain vulnérable (Trichechus senegalensis). Journal de la Société acoustique d'Amérique, 150(4), 3028-3037.
Tucker, KP, Hunter, ME, Bonde, RK, Austin, JD, Clark, AM, Beck, CA, … & Oli, MK (2012). Faible diversité génétique et sous-structure de population minimale chez le lamantin de Floride en voie de disparition : implications pour la conservation. Journal de mammalogie, 93(6), 1504-1511.
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